Pharmacist

Une occasion en or de rêver et de construire!

Comment le Dr Jake Thiessen en est-il venu à construire l’école canadienne de pharmacie du futur.

Imaginez cela : Vous êtes l’un des professeurs de pharmacie les mieux connus et les plus respectés au Canada et vous avez une feuille de route impeccable sur le plan de la recherche et de l’enseignement. Un jour, on vous appelle pour vous offrir la possibilité de concevoir et de créer de toutes pièces une école de pharmacie de pointe. Aucune restriction ni paramètre. Vous n’avez qu’à créer un rêve et à le réaliser.

Voilà l’invitation qu’a reçue le Dr Jake Thiessen de l’Université de Waterloo en 2004. Depuis lors, il s’affaire à réaliser ce rêve.

Le Dr Thiessen est le visionnaire et le moteur qui est à l’origine de la toute nouvelle école de pharmacie de l’Université de Waterloo qui devrait accueillir sa première classe d’environ 100 étudiants en pharmacie en 2008. Cherchant à créer une école d’un nouveau genre en études pharmaceutiques, le Dr Thiessen a passé trois ans à voyager en Europe et en Amérique du Nord, à recueillir les idées et les opinions des plus grands professeurs, chercheurs et innovateurs du domaine de la pharmacie dans le monde. Tout à propos de cette école, du fait qu’il s’agisse du premier programme canadien du mode coopératif à son jardin unique d’herbes médicinales, jusqu’à la façon dont les candidats seront choisis, tout est unique et novateur.

Nous nous sommes récemment entretenus avec le Dr Jake Thiessen, l’homme qui se trouve derrière cet incroyable projet.

Jake Thiessen Jake Thiessen Jake Thiessen Jake Thiessen

La plupart des établissements d’enseignement ont du mal à réunir des fonds. Comment avez-vous obtenu l’argent qui vous a permis de créer cette nouvelle école?

Dr Thiessen : « C’est en fait une histoire peu commune. Kitchener disposait d’un terrain dans son centre-ville et voulait redémarrer le développement dans le cadre d’une stratégie de revitalisation du centre-ville. Après avoir effectué une recherche pour comprendre les diverses options, les autorités municipales ont décidé d’accueillir une université et notre projet sur ce site afin de lui donner une cure de jouvence. C’est donc dans décision héroïque que la Ville de Kitchener a donné 30 millions de dollars en plus du terrain pour construire notre école et donner le coup d’envoi au projet. Il faut comprendre qu’il ne s’agissait pas de fonds du gouvernement provincial, les gens de Kitchener ont rendu ce rêve possible. Quelle autre ville au monde aurait eu la vision de penser à un tel projet? Il s’agit d’un investissement courageux et visionnaire pour l’avenir et c’est assurément un modèle à suivre pour les autres villes. Plus tard, nous avons également reçu le soutien généreux de la Région de Waterloo, un échelon plus large du gouvernement municipal dans notre secteur. La Région s’est engagée à verser 15 millions de dollars pour aider aux infrastructures du programme médical de l’université McMaster qui s’installera sur notre site. »

L’un des éléments par lequel la nouvelle école de pharmacie se distinguera est son programme en mode coopératif. Pourquoi ce mode coopératif est-il si important dans votre vision?

Dr Thiessen : « L’une des nombreuses plaintes formulées par bien des employeurs est que les étudiants des écoles de pharmacies, dans bien des cas, n’ont pas les pieds sur terre lorsqu’ils terminent leurs études et qu’ils sont prêts à travailler. Ils ont d’excellentes connaissances théoriques, mais leur application dans la pratique n’a pas toujours été idéale. Lorsque je suis arrivé à Waterloo, j’ai été mis en présence du concept de modèle éducatif coopératif. Cette approche didactique a sans contredit préparé les diplômés au marché du travail. Il a été intéressant d’apprendre comment cette caractéristique propre à Waterloo structurait la vie des étudiants et que de nombreux employeurs, dont Bill Gates, choisissaient ses diplômés parce que les jeunes possédaient une expérience concrète, étaient capables de résoudre des problèmes et d’entreprendre des projets complexes. Cela a semblé relativement simple. Par contre, comme vous le savez, les écoles de pharmacie ont toujours utilisé le modèle médical : apprenez toute la théorie d’abord, puis rajoutez-y l’expérience pratique. En toute franchise, nous avons dû nous battre avec le concept entier d’apprentissage par l’expérience pour convaincre les gens que le mode coopératif fonctionnerait en pharmacie. De toute évidence, nous avons estimé que c’était la direction à prendre. Au bout du compte, avec des encouragements de nombreux pharmaciens et employeurs, nous avons décidé d’adopter le modèle coopératif. Il exercera un impact profond sur nos étudiants! Et c’est l’endroit parfait pour s’y adonner. L’Université de Waterloo comprend déjà à fond ce modèle : plus de 13 000 étudiants font, année après année, l’expérience du modèle coopératif. C’est un modèle vis-à-vis duquel nous sommes engagés et regardez-nous bien aller. »

À suivre à la deuxième partie...