28/05/2008
Pensez au scénario suivant : Le restaurant italien du coin a récemment remercié quatre serveurs. Depuis, le personnel en place a vu le nombre d'heures de travail augmenter, en plus de se voir attribuer plus de responsabilités. Résultat : les employés sont surchargés de travail et des erreurs se glissent parfois dans les commandes. Reprenez le même scénario, en remplaçant « restaurant italien » par « hôpital », où le personnel n'est pas constitué de serveurs, mais bel et bien d'infirmières et d'infirmiers; le résultat sera sans doute plus contraignant (le personnel infirmier administrant rarement des aliments de fine cuisine italienne).
Une étude récente menée par Statistiques Canada a démontré que les infirmières et infirmiers qui font des quarts supplémentaires en raison de pénurie de personnel sont davantage susceptibles de commettre des erreurs de médication. L'étude repose sur un sondage datant de 2005, effectué auprès de 19 000 infirmières et infirmiers, où « 19 % des répondants ont rapporté avoir commis des erreurs « occasionnelles » ou « fréquentes » de médication au cours de l'année précédente. L'étude souligne que, dans la majorité des cas, ces erreurs étaient survenues en période de « temps supplémentaire, de charge de travail accrue, de pénurie de personnel, ou dans des conditions où le soutien entre collègues était inexistant et les relations de travail avec les médecins étaient médiocres ». En fait, « parmi le personnel infirmier qui travaille régulièrement en heures supplémentaires, 22 pour cent des répondants ont rapporté des erreurs de médication, par rapport à 14 pour cent chez le personnel qui ne fait pas de temps supplémentaire ». Lisa Little, gestionnaire à l'élaboration de la politique publique de l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, tient à préciser que « l'étude est très claire quant aux motifs de ces erreurs, qui relèvent de l'environnement de travail et non du niveau d'expérience ou d'éducation du personnel ». Dans une conjoncture où il y a moins de personnel infirmier et plus de patients, « une personne qui avait antérieurement cinq patients sous sa garde voit maintenant ce nombre passer aisément à huit ou neuf patients ». Les demandes accrues qui sont placées sur le personnel infirmier aujourd'hui ne favorisent pas la sécurité des patients. Diane Doran, professeure, appuie cette thèse, en affirmant que « l'environnement de travail dans lequel les soins infirmiers sont prodigués est inadéquat pour soutenir les soins que nécessitent les patients ». En tentant de faire plus, les infirmières et infirmiers se placent dans une position qui les rend plus vulnérables aux erreurs dangereuses.
Pour obtenir plus de détails, il est possible de visualiser l'étude complète sur ctv.ca
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